La photographie aérienne à basse altitude
 

 

 

Les premières photos aériennes connues à basse altitude sur le site  de Vieux-Poitiers datent de 1965 (F. Jourdin) mais ce n’est réellement qu’à partir de 1973 que commencèrent des prospections régulières menées par A. Ollivier. Ces prospections réalisées dans un premier temps à partir de l’aérodrome de Châtellerault puis depuis 1982 à partir de l’aérodrome de Poitiers/Biard s’inscrivent dans un programme concernant toute la moitié nord du département  de la Vienne . Connu de longue date grâce aux vestiges imposants du théâtre, le site Vieux-Poitiers a été très souvent prospecté et mentionné dans la littérature régionale  mais les prospections aériennes ont permis de révéler de façon précise l’organisation urbaine de cette agglomération. Les meilleurs clichés sont ceux réalisés sur des cultures de céréales (le blé en particulier) ou de luzerne. Une culture telle que la luzerne, par exemple, a  permis  une excellente lisibilité du temple situé au sud du théâtre.

 

Révélation du sanctuaire à galeries dans une parcelle  de luzerne. 

Les structures maçonnées et  le chemin d'accès à droite du temple apparaissent en brun-clair, tandis que les structures en creux comme le fossé en avant du temple est matérialisé par une trace de couleur vert foncé correspondant à un développement différentiel de la végétation. 

 

La culture de la luzerne  permet par ailleurs d’accéder facilement sur le terrain pour relever les dimensions des édifices.  La taille des parcelles cultivées relativement importantes permet d’obtenir de bonnes vues d’ensemble. A l’exception du maïs récemment introduit, toutes les cultures apportent leur lot d’informations. 

 

Le quadrillage des rues de ce qu’il est convenu d’appeler le centre urbain apparaît chaque année avec plus ou moins de précisions . L’un des meilleurs clichés, du point de vue des détails,  reste encore celui réalisé lors de la grande sécheresse de 1976 .

 

 
L’originalité du site tient à la présence d’insulae parfaitement délimitées par des rues bordées de fossés (photo ci-dessous). Un sondage réalisé sur l’un des carrefour a montré la structure d’une voie constituée de 80 cm de graviers parfaitement damés. Ce sont ces voies et ces sols qui apparaissent essentiellement. A la différence des agglomérations de Saint-Jean -de- Sauves ou des Tours- Mirandes à  Vendeuvre, les murs des bâtiments, à l’exception des édifices publiques, n’apparaissent pas , ce qui pourrait laisser supposer l’existence de constructions légères pour l’habitat privé. 

 

Des clichés pris en 1991 montre la présence de nombreuses structures en creux dont de nombreux puits (ci-dessous, à gauche). Les caves , remplies de terre organique, apparaissent comme des zones humides et sont révélées comme de petites constructions rectangulaires avec appendice correspondant à la cage d’escalier (ci-dessous, à droite). 

                                      

 

 

La comparaison des différents clichés et la superposition des vues révélant les structures en durs et celles révélant les structures en creux permet une vision quasi exhaustive de l’organisation de l’habitat. Certaines anomalies pourraient correspondre à des fours de potiers  proches de ceux  fouillés en 1971, 1972 et 1985. La photographie aérienne se révèle également utile pour la connaissance du théâtre. Elle permet d'observer le prolongement des murs dégagés et plus particulièrement la continuité du mur de fond de scène apparaissant nettement dans une luzerne.

 

 

Une petite ville gallo-romaine

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